Forum Rock, Electro, Metal, Rap . . .


 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 L'anti-américanisme en France des années 20 aux années 80

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nathan
Animateur Musique
avatar

Masculin
Nombre de messages : 746
Date d'inscription : 03/09/2007

MessageSujet: L'anti-américanisme en France des années 20 aux années 80   Mar 26 Aoû - 18:27

C'est tellement chiant à faire que je partage pour vous épargner ça.

L’anti-américanisme en France des années 20 aux années 80


L’anti-américanisme désigne une réaction hostile, dédaigneuse par rapport aux Etats-Unis. Mais il ne s’agit pas d’une critique du « nouveau monde », mais plus précisément d’une invective, d’une pétition de principes. L’anti-américanisme serait alors un sentiment, un ressenti, voire un préjugé. Émile Boutmy, fondateur de Sciences-Po décrivait une Amérique faite de « la boue de toutes les races », alors que d’autres dénoncent plus tard le manque, voire l’absence de culture de ce peuple à la « dentition merveilleuse » comme l’écrit Baudrillard dans son Amérique. La France a donc souvent refusé la culture et l’identité américaine, la considérant comme une vaine copie ou simplement sans intérêt.
Mais l’anti-américanisme n’est pas seulement un ressenti chez les intellectuels, il peut aussi naître au sein de la société, bien qu’il soit minoritaire. Il s’agit ici souvent d’un rejet de l’impérialisme, de l’envahissement de la France par la culture américaine.
Enfin, l’anti-américanisme peut aussi être politique. C’est-à-dire une critique hostile face aux américains, plus ou moins fondée. Cet anti-américanisme compte des partis de droite traditionnelle ainsi que la gauche, et, figure de proue de l’anti-américanisme français : le Parti Communiste.
Entre les années 20 et les années 80, donc, l’anti-américanisme est présent sous différentes formes, dans différentes couches de la société, chez l’intelligentsia comme chez les politiques.
Nous verrons d’abord l’anti-américanisme sous ses divers aspects de l’entre-deux-guerres à la seconde guerre mondiale (1920-1945). Période où les relations entre les Etats-Unis et la France sont cordiales. Puis il sera question de la période de la Libération et de la guerre froide (1945-1980). Ici, l’anti-américanisme prend une dimension plus politique tant les relations entre les deux pays se détériorent.


Les relations entre la France et les Etats-Unis pendant ce qu’on appelle « les années folles » sont cordiales. Il n’y a en effet pas de réelles tensions. Pourtant, l’anti-américanisme est présent tout d’abord au niveau des sphères intellectuelles, mais aussi en ce qui concerne la société française.
Tout d’abord, la culture américaine commence dans les années 1920 à apparaître en France. On note en particulier l’arrivée du jazz avec des artistes tels que Louis Armstrong et Duke Ellington. Le jazz a d’abord séduit l’avant-garde artistique et intellectuelle. La culture américaine est donc plutôt bien reçu en France durant les années folles. Il en est de même pour le cinéma avec Orson Welles ou encore « Autant en emporte le vent » de Victor Fleming. Des romanciers comme Faulkner sont bien accueillis, comme le montre plus tard la critique de Jean-Paul Sartre au sujet de Le Bruit et la Fureur. Malgré ces apparences de bonne entente et d’échange culturel, il persiste un anti-américanisme plus ou moins fondé. En effet, après l'intervention américaine de 1917, si le fantasme d'une invasion militaire se périme, lui survit l'obsession d'une néo-colonisation économique et bientôt culturelle de l'Europe par l'Amérique, ce qui entraîne la mobilisation d’une frange de la population. Il y a donc une hantise de cette Amérique totalitaire. Aragon, par exemple, écrivait en 1925 : « Que l'Amérique au loin croule de ses buildings blancs ». Céline, qui apparaît pourtant opposé politiquement à Aragon dénoncera aussi le gigantisme américain dans le Voyage au bout de la Nuit.
Cet anti-américanisme peut être expliqué par l’intervention tardive des Etats-Unis lors de la première guerre, les désaveux de Wilson en ce qui concerne la SDN (dont il était le principal promoteur ; pourtant jamais les Etats-Unis n’ont fait partie de celle-ci), ainsi que les prétentions créancières, vues en France comme une dette odieuse. En effet, la France, ruinée par la Guerre devait être exonérée pour prix du sang versé sur les champs de bataille. Les Etats-Unis sont alors considérés comme un état qui tire profit des souffrances de l’Europe et des dégâts de la guerre. L’anti-américanisme naît donc d’un sentiment qui voit les Etats-Unis comme des traîtres (malgré l’aide lors de la première guerre mondiale) et des profiteurs.
Le scénario ressemble à celui de la première guerre mondiale lors de la deuxième. En effet, il faudra attendre le 7 décembre 1941 pour que, suite à l’attaque de Pearl Harbor, les Etats-Unis entrent en guerre. La France est alors déjà à l’heure de la collaboration. Il existe des relations diplomatiques entre Roosevelt et Pétain. Mais le Général De Gaulle et le président américain ne s’apprécient pas. Suite à cette mésentente illustrée par des humiliations et des bassesses, il faudra attendre juin 1944 pour qu’il existe des relations entre la France Libre et Roosevelt. C’est à la libération que ce qu’on peut appeler anti-américanisme politique apparaît vraiment. Roosevelt veut placer la France sous l’AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories) avec les Pays-Bas et l’Italie. De Gaulle s’oppose fermement. Il fait alors tout pour imposer le GPRF. Roosevelt le reconnaîtra légitime dès juillet 44, tout en restant méfiant vis-à-vis de De Gaulle.
L’opposition entre De Gaulle et Roosevelt marque un nouveau type d’anti-américanisme, qui s’exprime de façon politique. Tendance confirmé lors de la période 1945-1980, lors de la guerre froide.





Philippe Roger dans L’ennemi Américain explique : « Les anti-américains de 1930 refusaient de s'acquitter, les anti-américains de 1948 refusent de recevoir ». Après avoir critiquer la position des Etats-Unis après la première guerre mondiale. Les anti-américains critique le plan Marshall. Le plan Marshall est donc perçu comme une volonté de rattacher la France au bloc Ouest lors de ce début de guerre froide. La droite anti-américaine, héritière des non-conformistes des années 30, dénonce la politique économique américaine, vue comme celle du « marché roi », ainsi que la dépendance militaire de la France au pacte Atlantique. L’après-guerre donne naissance à un anti-américanisme de masse, basé sur une lecture de l’histoire selon laquelle Paris a été « libéré par lui-même » et l’Europe par les russes à Stalingrad. D’ailleurs, en 1944, une enquête de l’IFOP donne ce résultat : à la question « Quel pays a le plus contribué à la défaite allemande ? », 61% des Français répondent l’URSS et 29% répondent les Etats-Unis. Il y a donc un déni envers l’Amérique juste après la seconde guerre mondiale, bien que les relations entre la France et les Etats-Unis soient au beau fixe, et que le régime parlementaire de la IVe République soit proaméricain malgré une forte présence des communistes.
Alors que la guerre froide commence, le PC Français joue un rôle clé dans l’anti-américanisme. En effet, la France se retrouve du côté du bloc Américain. Les communistes de Moscou joue sur l’anti-fascisme, comme lors de la seconde guerre mondiale, et ainsi dénonce l’impérialisme américain, considéré comme une nouvelle forme de fascisme. Le parti communiste français suit Moscou. Il s’oppose ouvertement aux Etats-Unis et menace de rejoindre le camp soviétique. Les intellectuels de l’époque dénonceront aussi l’Amérique, critiquant sa culture. Ainsi, Simone de Beauvoir écrit en 1948 « En Amérique, d'après Simone de Beauvoir, personne n'a besoin de lire parce que personne ne pense ». Elle poursuit en affirmant que l’expressionnisme abstrait américain n’est qu’une pâle copie du cubisme européen. Les Etats-Unis n’ont donc pas de culture pour les anti-américains. Ce n’est qu’une culture d’emprunt. Ce stéréotype est assez répandu à l’époque. D’ailleurs, beaucoup d’intellectuels continueront cette critique de la culture. « Il faut juger à Nuremberg la civilisation américaine des machines » déclare Bernanos, « l'ambiance du roman noir américain rappelle celle des camps » évoque Queneau.
Ces mouvements de contestation ont une résonance politique car dès 1958 et le retour de De Gaulle au pouvoir, les relations entre la France et les Etats-Unis se détériorent. Le président français conteste l’hégémonie américaine et déclare que la paix ne passe pas forcément par l’américanisation du monde. Pour montrer sa volonté d’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, la France sort du commandement de l’OTAN en 66 et ordonne la fermeture des bases militaires américaines. (La sortie de l’OTAN est aussi expliquée par la volonté du gouvernement français de poursuivre les essais nucléaires). De Gaulle condamnera plus tard l’intervention militaire des américains au Vietnam, ce sentiment étant manifesté aussi dans le monde entier par la jeunesse.
Le départ de De Gaulle en 69 et l’arrivée de Georges Pompidou en 70 rééquilibre les relations entre la France et les Etats-Unis. Mais cette nouvelle entente ne durera pas, puisque dès 73 des tensions naissent notamment sur la création d’une nouvelle charte atlantique. Suit une succession de périodes d’entente et de tensions que ce soit sous Valéry Giscard d’Estaing ou sous Mitterrand. L’anti-américanisme durant cette période reste assez restreint et concerne une minorité, comme le Parti Communiste et certains intellectuels.


Des années 20 aux années 80 a persisté un anti-américanisme plus ou moins important. Surtout présent dans les sphères intellectuelles, ce sentiment de dédain envers l’Amérique s’est exprimé sur la scène politique surtout lors de la guerre froide, alors qu’il a toujours été présent chez les intellectuels, considérant les Etats-Unis comme une nation sans culture. L’Amérique apparaît en fait comme le bouc émissaire, des peurs, des tensions et des culpabilités des Français.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ash

avatar

Masculin
Nombre de messages : 543
Age : 30
Date d'inscription : 04/10/2007

MessageSujet: Re: L'anti-américanisme en France des années 20 aux années 80   Mar 26 Aoû - 18:48

C'est un peu court je trouve
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Vengeur masqué
Animateur ultime
avatar

Masculin
Nombre de messages : 1983
Date d'inscription : 08/07/2007

MessageSujet: Re: L'anti-américanisme en France des années 20 aux années 80   Mar 26 Aoû - 18:51

HAIL BESANCENOT
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nathan
Animateur Musique
avatar

Masculin
Nombre de messages : 746
Date d'inscription : 03/09/2007

MessageSujet: Re: L'anti-américanisme en France des années 20 aux années 80   Mar 26 Aoû - 20:34

C'est une synthèse, donc c'est synthétique. Il fallait 3 pages, ça fait pile 3 pages.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: L'anti-américanisme en France des années 20 aux années 80   

Revenir en haut Aller en bas
 
L'anti-américanisme en France des années 20 aux années 80
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Aaah ! Les nanars des années 80...
» vends collection porte clés publicitaire année 60 et autres
» ZZ Top - Mix 'originaux' des albums des années 70
» Les Fabuleuses années 60-70
» Quelques petites caisses Martin des années 30

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum Rock, Electro, Metal, Rap . . . :: À Contre Courant :: Loisirs / Activités diverses-
Sauter vers: