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Nathan
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MessageSujet: Belle & Sebastien - Fold Your Hands Child...   Dim 13 Jan - 13:19

Belle & Sebastian - Fold Your Hands Child, You Walk Like a Peasant





La pochette décrit assez bien le disque et l'ambiance. La dualité tristesse-joie, la naïveté infantile presque niaise face à la dure réalité. La petite fille au maquillage qui coule, sa copine ou soeur, qui regarde sans comprendre.
C'est juste beau.
La musique aussi.
Dès le premier titre "I Fought in a War", tout coule, chaud et froid en même temps, entraînant et triste. La voix est magnifique, divine, claire et agréable.
Suit "The Model", plus "dansant" (tout est relatif), plus entraînant, mais toujours cette ambiance presque divine. "Beyond the Sunrise" continue, cette fois-ci la fille chante, et oui, ça le fait.
Seconde perle de l'album (après "I fought in a War"), "Waiting for the Moon to Rise", rien à dire sur ça, faut l'écouter.
On trouve quelque ballade pop, et presque country ("The Wrong Girl") qui relâche un peu la pression de l'atmosphère. Mais tout cela retombe dans une perle de spleen ("The Chalet Lines"), troisième chef-d'oeuvre du disque. "Oh I'll go anywhere..."
Le disque se finit sur un morceau pop "niais", mais sans l'être réellement, "There's too much love".

Cet album ne présente rien de génial, rien que l'on peut considérer comme génie, mais juste un "Putain, c'est beau" qui vous rentre direct dans le corps, et qui ne vous relâche pas, tout au long. Une simplicité déconcertante et attachante.
C'est tellement beau que ça devient féminin.
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Nathan
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MessageSujet: Antony & The Johnsons - I Am a Bird Now   Dim 13 Jan - 13:21

Antony and the Johnsons - I am a Bird Now




Qu'est ce qui est beau ? Qu'est ce qui ne l'est pas ?
Sortons de ce qu'on appelle communément le rock, de ce qui nous agresse les tympans et qu'on aime ça. Évadons nous.
Parce que, en dehors de tout ce qu'on nous fait entendre, des groupes majeurs, récents ou non, du psychédélisme, de la violence, du groove, il existe de la beauté pure. Ou de la belle pureté, ou de la pureté tout court.

Cet album, vous prenez tout l'amour du monde, toutes les désillusions du monde, toute la sensibilité du monde, toutes les choses les plus belles sur cette Terre, et vous essayez de les mettre sur un support plat, rond et qui fait miroir : vous obtenez I am a Bird Now.
"Maintenant, je suis un oiseau". Tout est dit.
Dès le premier morceau "Hope there's someone", on s'extasie. Cette voix, mais quelle voix. Une voix d'ange, une voix qui prend aux tripes.
Tout est fragile dans ce disque. La voix d'Antony, ses parties de piano bancales, les cordes, le peu de guitare.
Quelques morceaux sont encore plus beaux que les autres, notamment le duo avec Boy George (frère/père spirituel d'Antony) "You are my Sister". Avec une ambiguïté désarmante et quatre accords plaqués sur un piano, on s'envole.
C'est d'une simplicité impressionnante, la musique simple peut être complexe, la preuve.
Le sublime "Fistful Of Love" marque le summum du disque. C'est juste "trop". Incomprehensiblement beau.
On peut même pas tenter de comparer un disque tel.
Il est unique, le sentiment à l'écoute est unique. Chaque bruit aux alentours perturbe. On vit ce disque, avec ses tripes.
Jamais on sort indemne d'un album comme celui-là. On ne peut voir la musique de la même façon.

Alors oui, c'est ça la beauté. C'est simple et fragile, incompréhensible, et surtout triste.


And I feel your burning eyes burning holes
Straight through my heart
It's out of love

http://www.youtube.com/watch?v=6M7qQedSdKk
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Nathan
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MessageSujet: Keith Jarrett - Köln Concert   Dim 13 Jan - 13:22

KEITH JARRETT - KOLN CONCERT




Il y a des moments dans une vie qu'on qualifie de miracle, de magique, de merveilleux.
Les personnes présentes à Cologne ce soir de 1975 ont vécu un de ces moments.

Le Koln Concert, c'est plus d'une heure de Jazz, au piano.
Un mec, ses couilles, sa sensibilité, son piano sur une scène. C'est là que le mot "concert" prend toute son ampleur. Keith Jarrett est une bête de scène, il chante, tape des pieds, s'énervent. Son piano est le prolongement de son corps, de ses doigts.
Sur des bases d'accords, et quelques thèmes écrit par lui-même, il improvise, nuance, nous mène près du gouffre, nous en éloigne.
On l'entend pousser des gémissements tout le long de la partie I, il vit sa musique en même temps qu'il la crée. Il est possédé, ne sait même pas ce qu'il fait, mais c'est brut de décoffrage.

Techniquement, rien à redire, un des plus grands pianistes de Jazz, il joue sur les fausses notes, les dissonances, vite et fort, lentement et doucement, caresse les touches, fait vibrer chaque corde de son piano comme il le désire.

Quatre parties, toutes excellentes, à durée variable, mais pas un moment d'ennui. Cet homme seul nous captive avec son piano.

Oubliez tout ce que vous avez entendu, allongez vous sur un lit, laissez vous emporter.
L'oeuvre ultime de Jazz au Piano. Le concert qu'on oublie pas, qu'on redécouvre à chaque écoute.
Dès que ce concert est fini, il y a cette imperceptible sensation, on a oublié tout ce qu'on vient d'entendre, mais juste un "putain que c'était bon" résonne dans nos oreilles.

S'il ne devait rester qu'un disque sur terre, je choisis celui-ci. C'est la sensibilité d'un homme entière livrée.
Un concert qu'on aurait voulu vivre, même pas voir.

Le disque qui m'a fait aimer le Jazz, qui me procure peut-être le plus de plaisir aujourd'hui, après plus d'un an d'écoute intensive, un des plus complet (et pourtant tellement simple et bénin).

Comme dirait Ray Charles : "Good is Good, Man!"
Rien d'autre à ajouter.
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Nathan
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MessageSujet: Take it from the Man ! - Brian Jonestown Massacre   Dim 13 Jan - 13:24

TAKE IT FROM THE MAN ! - THE BRIAN JONESTOWN MASSACRE




Comment faire du vieux... avec du vieux.
Et bah oui, le Brian Jonestown Massacre, groupe américain phare de la scène underground, fait du vieux rock'n'roll.
Mais, faire du bon vieux rock'n'roll, aujourd'hui est une tâche ardue, du moins quelque chose qui sonne vraiment rock'n'roll, pas comme ce pseudo-revival avec en tête les Strokes et le Razorlight ou quoi, qui utilise de gros moyens pour faire une musique lisse comme tout.

Donc, le BJM, emmerde le monde entier. Anton Newcombe, leader degeneré, drogué, mégalo comme 3 Roger Waters, mène sa carrière comme un adolescent.
Son groupe n'a cessé de se reformer, de se séparer pour se reformer.
Il présente aussi une créativité hors norme, puisqu'il sortait environ 3 albums par ans, entre les tournés marathons en bus, dans tous les Etats-Unis.

Une production amateur, un son médiocre, mais crade comme tout. Une bonne humeur sur des airs fédérateurs, du Old School, la vieille recette pour le succès, mais sincèrement.
Anton Newcombe a assimilé tout ce qu'il a entendu dans sa vie, tout ce qu'il aime, et a donné sa modernité à l'ensemble.
Alors bien sûr, les influences et références sautent aux oreilles, mais c'est tellement bon que ça dérange pas, ces influences sont d'ailleurs explicites.

Ce disque s'ouvre sur Vacuum Boots, définition du BJM. Une gratte en rythmique, une gratte en lead sur trois/quatre notes (avec un son bien retro) et la voix si étrange d'Anton, qui chante sans chanter, juste sans l'être.
Suit un hymne : Who ?, dédicace simplement aux Who, dans l'entraînement que donne ce morceau.
Suivent les morceaux entre Beatles, Stone et Velvet Underground : Oh Lord et Caress.
Mais, Anton n'a pas bouffé que du Stones et du Beatles, aussi du Bowie. Comme le montre le pastiche de "Space Oddity" qu'est "David Bowie I love you since I was 6", dédicace explicite au Thin Duck.
Straight Up and Down (première partie), lui, est dans le type de Vacuum Boots. On note la grande classe de la guitare lead, qui est super entraînante.

À partir de ce moment, en entendant que 6 morceaux, on aime déjà.
Et la suite le confirme, puisqu'on a des morceaux du même genre, mais pas un moins bon que l'autre. Le tout est d'une cohérence parfaite. Fucker, au nom plus qu'explicite est une ballade d'une simplicité géniale. Un genre de ballade anti-Oasis, où Anton crie sa haine contre la gent féminine. On a, deux titres plus loin, le chef-d'oeuvre du BJM, "Cabin Fever". Morceau épique de 7 minutes, en deux parties, une plus allante, qui laisse place à une triste.
Dans cette chanson, Anton parle de rupture. Toujours cette haine de l'autre qui donne à sa musique une autre dimension.
Cabin Fever se veut une démonstration de la capacité du groupe à transcender ce rock'n'roll de leurs ancêtres, et lui donner un registre tout autre.

Le reste de l'album passe tout seul, après Cabin Fever, qui retourne littéralement l'estomac.
On admire surtout le dernier Straight Up and Down, de 20 minutes, qui finit en improvisation sur Hey Jude des Beatles, d'un implicite explicite de très grande classe.

Take It From The Man ! est un album assez académique, certes, mais ça n'enlève rien à sa qualité, bien que le son soit pourri. C'est de l'anti-rock'n'roll, c'est faire comme les vieux, en étant jeune et défoncé.
La suite de la carrière du BJM n'explosera jamais, Anton devenant complètement dingue, virant chaque membre de son groupe, se battant avec eux parce qu'ils ne jouent pas comme lui il le veut. Derrière ce perfectionnisme et cette provoc' mêlée à du j'm'enfoutisme, se cache un génie, pas prêt d'accepter la notoriété de génie.

Ce qu'il se fait de mieux en Rock'n'roll pur et dur, dans la lignée des Stones, des Beatles et d'autres monument de cet acabit.

Et comme le BJM emmerde le monde entier, leur discographie est entièrement téléchargeable sur leur site :
www.brianjonestownmassacre.com

Format .ogg, donc à lire avec winamp, VLC, ou un codec pour WMP.
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Nathan
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MessageSujet: Feist - The Reminder   Dim 13 Jan - 13:25

The Reminder - Feist




La jeune et jolie canadienne est un exemple de ce qu'est l'éclectisme. Un exemple, simplement même.
Après avoir participé activement à la scène punk, collaborer avec une certaine Peaches et autre Broken Social Scene. La demoiselle se lance en solo, avec une petite perle "Let it Die", jazzy, indie et groovy.
Elle remet le couvert avec "The Reminder".

Album déjà majeur de l'année. Leslie Feist signe ici un coup de maître. Intimiste et puissant, simple comme du folk, compliqué comme du jazz, vivant comme du rock, qui groove comme de la dance. Que demander de plus ?
Une jolie voix. Rauque par moment, limpide dans d'autre. Ses poussées de voix, bien que pas très juste, sont poignantes. Comme sur le morceau d'ouverture, le très beau "So Sorry", qui s'apparente à un Norah Jones désinvolte puis prenant.
"I Feel it All" casse tout de suite le cocon dans lequel on s'installe, par un morceau plus rock, le rythme que donne la voix de Feist est entraînant, doublé parfois par le xylophone. Suit le "My Moon My Man". Single en puissance, rythme très White Stripes, imparable.

Mais là où Feist fait la différence avec toutes sorties actuelles, c'est qu'elle sait aller plus loin. Plus loin que quoi ? Plus loin que le standard radiophonique. Entre Damien Rice et Belle And Sebastian, elle se précipite à la limite de chaque morceau, pousse le vice en quelque sorte. Sans peur, rien. Il y'a du Radiohead là-dedans. Ces ballades simples pourraient rester simples, mais elle agrémente chaque fin par des envolées. Sans tomber dans le "trop", ça reste toujours intimiste, proche, et de ce fait, particulièrement touchant.
L'exemple parfait est "The Park", sublime chanson.

On remarque aussi que la demoiselle a été élevé dans le jazz, les contrebasses raisonnent comme un bon Mingus sur "The Water".
Mais tout de suite le contre-pied avec le très Dance/Disco Sealion.
Ce qui surprend, c'est que dans tous les registres, elle assure.
Même dans ce registre si usé que la chanson de type Telephone. Toujours cette voix si typique, qui a un véritable rythme (jury de la nouvelle star bientôt, moi).

"1234" continue sur cette lancée. Petite comptine aux accents de Gospel. Sur "Brandy Alexander", elle renoue avec ces si belles chansons de "Let it Die", agréable, très soul, même.
Les plans de piano sont, sur tout l'album, assez remarquables. Tant par leur simplicité que par leur cohérence.

La fin de l'album est sublime, "Intuition" et son arpège de guitare raisonne. Le type de chanson qu'on oublie dès la fin. C'est loin d'être un défaut, au contraire même.
Honey fait penser à Emilie Simon, en plus acoustique. Avec des jeux de voix.
Et la conclusion "How My Heart Behaves", perle intimiste où Feist dévoile sa voix grave. Maitrisé parfaitement. Une voix d'homme la secondant, c'est simple, c'est beau. A noter que les arrangements tout au long du disque sont parfaits.

"The Reminder" est un exemple de ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle dans la musique. Mêlant folk, jazz, bossa-nova, electro, rock et dance. Toujours avec la patte Feist, cette voix si spéciale.
Je vous épargnerai le mot de la fin du type "C'est la Feist", et je dirai simplement, que c'est, avec l'album d'Arcade Fire et celui du Black Rebel Motorcycle Club, un des meilleur album sorti cette année qu'il m'ait été donné d'entendre.
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Nathan
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MessageSujet: Frank Black - 93-03   Dim 13 Jan - 13:26

93 - 03 - Frank Black




Chroniquer un best of, quelle ineptie ! Quelle honte ! Sus aux best of ! Pompes à fric ! Attrape Nigaud ! Moyen détourné de se faire du fric sur le dos des pauvres consommateurs !
Que nenni ! Frank Black a une œuvre tellement foisonnante, qu'un best of, après tout, ça s'impose !

Le anti-héros du Rock. Qui, auprès de ses collègues (on sait bien qu'il s'entendait pas) les Pixies, a révolutionné la musique dans les 90's. Eh ouais, Frank Black, il est moche, chauve, il transpire plus que Malmsteen, il sait pas chanter, il a des doigts de boulimique qui l'empêche de jouer de la guitare bien. Mais on s'en gode ! Au diable les préjugés !

Après l'escapade Pixies, que dis-je, les escapades Pixies. Puisque, pour un besoin urgent d'argent, ils ont eu tout le monde. Deux dvds sans intérêts, des concerts bofs. Mais ça marche toujours, le mythe. Et les chansons des Pixies aussi, et heureusement.
Frank Black s'est jamais arrêté de créer. Que ce soit tout seul, ou avec les Catholics. Mais sa carrière solo a jamais décollé. L'ombre des Pixies sûrement. Et pourtant, grand dieu, qu'elle est bonne cette carrière.
Une bonne tripotée d'albums, de très grande qualité, oscillant entre le punk et le rock conventionnels parfait.

Et bah, ce best of, il fait le tour ! C'est le principe.
23 titres, pas un de moins, pas un de plus. 23 titres, pour résumer une carrière. Pari tenu. Dès le départ, on prend cher dans la tronche. "Bullet" envoie grave. Simplement.
Nan mais c'est vrai, un gros monsieur chauve et moche, un vieil obèse tout dégarni, qui fait du punk, merde alors !
Je vous parlerai pas de tous les titres, parce que ça sert à rien, en fait. Puisque, tout est bon.
Frank Black, il s'en bat aussi. Lui, il fait de la musique qu'il aime, ça vend, tant mieux, ça vend pas, pas grave, il fait un concert avec les Pixies et il bouffe pour l'année.
Pas de compromis, un artiste entier ! sincère ! Pas de concessions !

Différent des Pixies, quand même, il y a LE style Frank Black, même qu'il chante pire qu'avec les Pixies. Et qu'il hurle. Surtout en concert. Où c'est encore plus impressionnant, ce business man américain rempli de hamburgers qui fait du punk mieux que Sid Vicious.

Enfin de la musique égoïste ! Toute une carrière égoïste ! Moi j'applaudis. C'est là qu'on voit un vrai artiste. Il se compromet pas. Il fait ce qu'il veut, et il vend et se fait de la tune quand il veut.

Faites comme moi, nourrissez Frank Black. Il le mérite. Parce qu'il fait sa musique comme un gamin. Et bordel de merde, que c'est bon !
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Nathan
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MessageSujet: The Smiths - The Queen Is Dead   Dim 13 Jan - 13:27

The Queen Is Dead - The Smiths




Voilà le disque le plus sous-estimé de la pop. The Queen Is Dead, chef d'œuvre des contestés Smiths. Menés par Johnny Marr et Morrissey, avant que celui-ci se perde dans un trip schizophrène "Je suis Sinatra".
Pochette sombre (Alain Delon dessus, même) et sobre. Les Smiths sont des romantiques, dans le sens littéraire du termes.

Ils distillent l'amour déçu, la mort de la reine, triste conclusion. Un désespoir ancré dans tout l'album, mais masqué par une relative joie naïve.
Morrissey et sa voix caractéristique pose cette ambiance, surtout.
Dès l'intro éponyme, c'est imparable, les lignes de grattes de Johnny Marr sonnent et résonnent, sur laquelle la voix de Morrissey, monocorde et sombrement douce.

Mais, c'est avant tout de la pop, pop-rock, à la limite. The Queen Is Dead, c'est le paradoxe romantique, la haine et le désespoir caché derrière un voile de gaieté morbide.
Entre la comptine et le gémissement de douleur, ça vient du cœur. Et qui dit cœur, dit amour, thème principal de l'album. Amour triste, forcément, les grands albums sont tristes, souvent. Comme le sublime "I Know it's over", qui est une des chansons les plus tristes du monde. Progression calme, de la haine introspective au doux déchaînement de "I know it's over but still I cling", ressassé en boucle.
C'est entraînant, et déprimant. Très noble, en fait. Sautillant par moments, lancinant d'autres, redondant, délirant, narcissique et névrotique.

Joy Division et Jesus and Mary Chain sont pas loin, dans le son, surtout. Mais on est loin du plagiat, l'identité de la voix de Morrissey est telle que ça devient incomparable.
Finalement, après des bijoux comme "Cemetry Gates", "There is a light that never goes out" (appel désespérément à la non-rupture, comme beaucoup des titres), ou le sombre "Some Girls are Bigger than Others", un sentiment de vide se fait sentir. Il reste un écho de tristesse, calmé par le rien dans l'estomac.

Un petit monument de pop, un des meilleurs albums de tous les temps, et pourtant tellement sous-estimé. Un siècle et demi après Chateaubriand et Musset, un siècle après Rimbaud, les Smiths renouent avec la poésie et l'indicible sentiment que celle-ci confère.
C'est beau, et ça fait plaisir.
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Nathan
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MessageSujet: Katie Melua - Pictures   Dim 13 Jan - 13:28

Pictures - Katie Melua




Autre femme, autre registre.
Elle est belle, métisse, de longs cheveux bouclés, des yeux verts sublimes, un visage fin, petite, géorgienne, elle a un sourire simple, compatissant, compréhensif. Ce n'est pas Norah Jones. Non, loin de la belle Norah, la jolie Katie nous revient, enfin, avec un troisième album.

Repérée très jeune, avec rien d'autre que Randy Newman pour lui écrire des chansons, elle écrit elle-même, musique et textes. Simples, les textes. C'est une femme. Non ! Je vous vois venir, machiste ! mysogine ! Non ! Non ! Loin de moi cette idée, Katie écrit comme une femme, sur l'amour, simplement. Triste ou non, c'est jolie comme les mots d'une femme. Jolie comme sa voix. Aussi. Katie nous prend par la main, avec son sourire timide, "viens, viens", et on suit. Bêtement. Léger. Admiratif même.

Pictures, donc, nouvel album. Folk, comme toujours. Folk évolué cette fois. Et joyeusement triste, ou tristement joyeux. Un peu comme Belle & Sebastian sur les compositions. Arrangement de cordes.
L'intro "Mary Pickford" très Claptonien version unplugged raisonne. Elle nous plonge tout de suite dans sa sphère. On est bien, le cœur lourd, le corps léger. C'est entraînant.
D'autres sonnent comme si Knopfler était derrière ("It's all in my head"), d'autre plus reggae (Ghost Town). Mais à la limite, on s'en fout. De comment ça sonne. De ce que ça raconte.
C'est beau, c'est ce qui compte.
On retient surtout le sublime "If the Light Goes Out" et "In My Secret Life", pas loin d'Antony & The Johnsons.
En fait, Katie Melua fait là le mélange parfait entre Belle & Sebastian, Antony and the Johnsons, Clapton et Dylan : du folk, en somme.

Et puis, je n'ai plus de superlatifs, elle n'en mérite pas d'ailleurs. Parce qu'au lieu de se perdre dans de l'effusion de sentiments que sa voix peut assurer, elle reste sobre, ballade dylanesque, belle.
Pictures, c'est un sourire sincère.
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MessageSujet: At The Drive-In - Acrobatic Tenement   Dim 13 Jan - 13:29

Acrobatic Tenement - At The Drive-In




Qu'est-ce que l'énergie ?
On aurait tendance à répondre, naturellement, vitesse, violence, mélodie entêtante. Normal, après tout. L'énergie, l'électricité, en fait. C'est simple, on cherche l'électrocution, le coup de jus, la joute, une étincelle qui réveille, qui permet aux muscles du cou de se mouvoir, de bouger, de l'avant vers l'arrière, rotations endiablées. Et pourtant, ne constate-t-on pas un mouvement lancinant, à l'écoute de jazz ? Le jazz est donc énergique. Ce qui nous conduit à revoir notre définition.
L'énergie, c'est un truc qui fait bouger. Point barre. N'importe quelle manière est bonne. On envoie la sauce, on hurle, on joue fort et mal, on fait du punk : ça bouge. On fait du binaire lent, posé et saccadé, syncopé , du reggae : ça bouge. On s'appelle Charles Mingus, on balance une walking bass, sur laquelle saxo et trompette se mêle dans le groove suprême du jazz : ça bouge. On crée de la mélodie imparable, électronique et kitsch, on aime la dance : ça bouge.

En fait, l'énergie, c'est naze pour décrire un disque. Mais il n'y a aucun mot qui sied mieux à Acrobatic Tenement. Que dalle, rien, nada. Ce disque est ÉNERGIQUE, rien de plus !
Pourquoi ? Parce qu'en 32 minutes, Omar Rodriguez et Cedric Bixler vous balance un seau de 40 litres d'eau froide sur la tronche, parce que vous le valez bien. Aucun détour, aucune concession, on ferme sa gueule et on envoie, on va pas tergiverser dans des considérations métaphysiques, existentielles ou que sais-je encore. L'important, c'est d'étouffer l'auditeur. Post-hardcore dira-t-on, non. Indéfinissable mélange d'influences, néo-vintage. Pas un morceau ne dépasse les 4 min 30, Bixler hurle sur des guitares acérées, aigues et pas agressives. C'est violent, mais ça groove. Ca hurle, mais ça fait du bien, de l'effusion de haine, un peu, d'une haine naïve et sincère, même pas réfléchie, même pas engagée. De la violence, pour de la violence. Que demander de plus.
Les hurlements laissent place aux cris gutturaux. Cet album est une sorte de Raw Power, à la différence qu'il est bien plus poussé qu'il en a l'air. Bien plus profond que son apparence le veut. Derrière le déluge sonore, et l'apparente non cohérence, se cache une construction travaillée, fignolée, remarquable pour un premier album. Des lignes basses dantesques sont masquées par l'aigu étouffant des telecaster, beaucoup de pistes, presque surproduit. Mais surproduit de manière crue, faudrait pas avoir l'air de faire quelque chose de complexe.
Je ne m'attarderai pas sur les titres, tant ils sont tous bons, et uniques. L'entrée en matière est parfaite, et la chute sublime.

Qu'est-ce que l'énergie, alors ? Bah c'est ça. On s'en fout de la forme, de comment ça sonne. Ce qui compte, c'est la sincérité mise en jeu. La bonne volonté. At The Drive-In s'impose directement avec cet album comme mythe avorté. Courte carrière, qui laissera place à Sparta et aux Mars Volta, qui, bien qu'une discographie d'un niveau très très haut (pour les Mars Volta) n'atteindra plus jamais cette énergie jeune, adolescente et punk du premier groupe.
Je citerai Tété pour conclure, avec un de circonstance :
"Une bonne paire de claque, rien de tel pour faire circuler le sang.".

Résumons, en un mot.
http://www.youtube.com/watch?v=YiXPoDwV4r4
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MessageSujet: Bob Dylan   Dim 13 Jan - 13:29

Blonde on Blonde - Bob Dylan




Qui est Bob Dylan ?
Un inconnu. Un raté. Un juif bouclé, aux airs d'un Woody Allen drogué. Ce mec n'a rien pour plaire. Encore moins pour faire de la musique. On l'imagine à peine ouvrier. Il n'a l'air que d'un simple étudiant, en psychologie ou littérature, un mec paumé, pas foutu de se coiffer. Une veste usée sur les épaules, et des lunettes de soleil pour faire comme James Dean. Une sorte de cowboy littéraire. Un mec qui dégaine pour dénoncer les inégalités. Un shérif perdu dans les années 60, un type qui s'est planté de période.
Il ne sait pas chanter, il ne sait pas jouer de guitare, à peine jouer de piano. Il nasille, gémit, sur un maximum de quatre accords, ses paroles surréalistes et engagées. Ses textes de mec amoureux, ou son errance.

Shakespeare disait "Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus". Robert Zimmerman ne l'est pas. Non. Il est intemporel. Il sied à toutes les époques. Il est universel. Son non-talent, sa non capacité est en fait du génie.
Ce pauvre gars fait du rien l'ultime, le sublime. Il transcende le sombre réel en 3 minutes 30 de perfection. Et c'est objectif de dire cela. Car, qui a réussi à faire de même ? Aucun n'est arrivé à ce résultat. Même les Beatles qui ont atteint une autre perfection, ne l'ont pas fait aussi simplement. La perfection du simple, l'oubli et le néant de la complexité.
Une sorte de punk-folk. Dans le sens où rien n'est compliqué, nihilisme musical. Mais pas "rien".

Blonde on Blonde, c'en est l'exemple parfait. C'est ce qui impose Dylan en modèle pour tous. Il y a un avant Blonde on Blonde, et un après. Même le colossal Sgt Pepper reprendra le délire de fanfare de l'intro de ce disque.
Ce mec trouble, sur la pochette. Planqué derrière un flou. Il observe. Sceptique. Fou.
Puis, derrière le flou artistique de l'intro, du blues. Merde quoi, du blues. On est en 66, qui ose encore faire du blues roots. Et qui sait encore le faire bien. Dylan.
Et là, ô ultime plaisir, transcendance, arrive l'enchaînement parfait. 3 titres. Le sublime est atteint.
(Sooner or Later) One of Us must Know à l'arrangement de piano, contre chant bancale improbable, qui provoque un doute admiratif. Comment a-t-il fait ? Ca sonne, quoi. I Want You, harmonica et guitare, chanson d'amour. Dépression joyeuse. Stuck Inside of Mobile with the Memphis Blues Again, entraînant et envoutant.

Et puis après ça, rien ne peut plus paraître mauvais. Bob Dylan vient de nous donner une leçon d'humilité. "Vous voyez, je chante faux, ma voix est nasillarde et dérangeante, mon jeu de guitare est simpliste". Et pourtant. Un "putain !" raisonne. Cette expression dit tout. Etonnement, exclamation, plaisir, joie, indicible sentiment de légèreté.

Blonde on Blonde est un profond joyeux bordel. Un sentiment qu'on éprouve une fois dans une vie.
Qui est Bob Dylan, alors ?
Le plus grand raté de tous les temps.
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Nathan
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Dim 13 Jan - 13:30

Highway 61 Revisited - Bob Dylan





Un matin, par ce temps ensoleillé et froid, sec, marchant l'écharpe nouée autour de la gorge, le nez rougi par la brume glaciale. Sifflotant naïvement, sans le vouloir, un air tellement connu qu'on en oublie ce que c'est. Cette impression de calme, dans le bide, au plus profond de son être.

L'homme qui était engagé, envoie tout balader. Ses convictions, son combat. Tel un Rimbaud moderne, conscient du ridicule de l'art, conscient de l'évolution, Dylan renie. Il renie ce qu'il n'a jamais prôné. Il n'a jamais été subversif. Il a été compris comme subversif. Il est implicitement engagé, pourtant sincère.
No Direction Home. Impossible de retourner en arrière. Toujours avancer. Un désir d'ermite, de vagabonds. Un road-album si l'on veut taper dans le néologisme à la mode. Ca sent le wagon de train, les champs de coton fraîchement coupés, et l'électricité. Le petit cul-terreux balance la sauce, maintenant. Toujours dans ce désir d'évoluer, et de prendre à contre-pied.

S'il y a bien un artiste qui refuse toute stagnation, c'est Robert Zimmerman. Jamais il ne se fourvoie dans le bourbier du "bis repetita". Il écrit, entre surréalisme et engagement (malgré lui). Se contredit.
"Il faut être absolument moderne" disait Rimbaud. Pari tenu. Grâce à la musique traditionnelle, Dylan fait du moderne. De l'art moderne, de l'Art tout court.

Alors bien sûr, l'ultra connu "Like a Rolling Stone", que l'on redécouvre à chaque écoute. Avant d'être le nom d'un groupe majeur, c'est une chanson, et quelle chanson ! Ce truc entêtant, orgueilleux et organique où l'orgue se complait à chantonner malicieusement.
Le bancal et décadent Ballad of a Thin Man ou bien le rapide et essoufflant Tombstone Blues.
Les gémissement plaintifs sont toujours là. L'amour aussi. La haine avec. Et une once de déprime pour arroser cela. On secoue. Et voilà.
Trois notes de piano merveilleuses, qui nous écarquillent les yeux et rend la gorge toute sèche. Là est la puissance de Dylan, il combine simplicité, médiocrité et génie.

Toujours sifflotant, l'écharpe un peu plus serrée. Des Ray-Ban maintenant enfilées, les mains au fond des poches. Les pieds traînent. Un sourire en coin. Une putain d'impression de bien-être.

"Something is happenin' here and you don't know what it is"
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Gogol44
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Dim 13 Jan - 15:38

Je ne connais pas tellement cet album bien qu'il soit présent sur mon PC. Présenté de cette maniere, putin qu'est ce que c'est alléchant !

Et puis je crois que je viens de trouver mon mentor : Kundie ! L'une des premieres personnes que je vois parler de Damien Rice et qui arrive a trouver des rapprochements que je n'avais pas fait, par exemple avec un Radiohead ou un Norah Jones.

Personnelement j'ai pas mal écouté Let It Die avec ses "tubes" Mushaboom et Gatekeeper. C'est léger, travaillé, envoutant et très agréable. Le genre d'album qui passe aisément sur une petite soirée tarot ou poker.

Bref, je continue ma lecture Smile Merci a toi pour cette chronique fort interessante !
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Luciole

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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Dim 13 Jan - 16:36

Ouaip, rien à ajouter
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Pete Foxglove

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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Dim 13 Jan - 18:20

We Do Wie Du, extrait de l'album.
Je vous ferai profiter de l'album en entier dès qu'on m'aura expliqué et que j'aurais compris comment marche Deezer.

Complication (live)

Oh How To Do (live)

Boys Are Boys And Girls Are Choices (live)

Cuckoo Cuckoo (live)

Sont énormes ces vidéos, ils ont l'air complétement deumeurés.
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Lun 14 Jan - 15:11

c'est debile mais la musique est super cool

haha trop marrant les gens qui dansent gaiement sur "people die.people kill"
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Gogol44
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MessageSujet: Battlefield - Ez3kiel   Lun 21 Jan - 19:40

Battlefield - Ez3kiel


Bon pour les amoureux du genre, il existe deja pas mal de chroniques du genre. Je vais essayer de faire la mienne...

Spoiler:
 


Je préviens tout de suite, pour ceux qui n'ont toujours pas l'album, je risque de faire quelques spoilers !

Cet album du groupe tourrain débute son nouvel album par du classique, une introduction a la Rocky, une pleine étendue de ce qu'ils savent bien faire, des bois aux basses, une mélodie au clavier. Un début electrique, Adamantium prépare ce qui va venir. Un morceau quelque peu oppressant mais avec toute une touche de douceur.

Second morceau : volfoni's revenge. Le morceau de Naphtaline repris a la sauce battlefield, plus sombre, toujours aussi énigmatique mais plus electrique, plombé par les basses des bois, une batterie bien casé, des soli tonitruants, des cuivres mal éguisés, une montée en puissance et des notes au vibraphone. Ce morceau de 7 minutes scelle le ton. Quelle belle promesse !

La suite vient avec Spit On the Ashes, le premier morceau chanté de l'album, réalisé avec Narrow Terence. Un début, calme, perdu dans les propos, le rythme se met en place, la mélodie prend sa place. Un chorus sombre avec une voix poignante, le tout avec des refrains lyriques. Spit on the ashes, spit on the ashes, spit on the ashes, spit on the ashes. Cela en devient même opressant. Mais Ez3kiel connait l'alternative au vibraphone, une simple mélodie pour gosse, qui calme, qui permet de se ressaisir après cet ouragan.

Cette rechute, permet d'enchaine avec Coal Flake, de la gratte seche, dansante. Encore une fois l'orchestration est grandement présente. On pourrait presque distinguer des voix perdues dans ce morceaux plutot court mais efficace.

Un thème digne d'X-files, le mariage (the wedding) des différents genres abordés est définitivement scellé. Retour aux origines improbable. Toujours cette présence des cuivres, la trompette fait vraiment bon ménage avec l'electro-dub des tourrangeaux ! Un solo de trompette extremement bien agencé pour clore cette bonne parade musicale.

Avec Break or die, on assure, formule classique, batterie guitare avec quelques samples. On retrouve de meme pas mal la base dub du groupe. Il s'agit très certainement du morceau le plus psyché/progressif de l'album. Très proche d'un Archive.

La suite avec Alignement est tout simplement surprenante. Le deuxieme morceau réelement chanté de l'album. Cette fois ci, le quatuor a invité Blurum 13. Il fait clairement ressortir la branche Hip associé au hop du trip-hop d'Ez3kiel. Un flow sympathique sur une mélodie au vibraphone toujours aussi efficace. Pour ma part, il s'agit d'un des grands titres de l'album. Rien a redire.

Lull, un morceau saveur Naphtaline, simple, bref concis, mélodique, nostalgique. Encore un intru qui a bien sa place. A ce moment la de l'album, on a compris, EZ3kiel est un groupe multifacettes. Exigeants et performants, la maitrise et la réussite. Tout ce qu'ils font, ils le font bien !

Et la, le clash ! Une mauvaise impression ? Des soucis sur le CD ? Non non, Ez3kiel touche a tout, meme aux etremes, la déchéance, 1minute22 de cri. Un métal electronique encore plus opressant que Spit On the Ashes.

Dans cette palette musicale, on retrouve meme du Kusturica, de la musique de l'est, accordéon, symbales, samples, violoncelle, clarinette et violon. Nous voila en plein dans le Klezmer juif. Dechirement de journeaux sur fond sonore entrainant. Certainement un de mes morceaux préférés pour son origénialité et sa saveur particuliere. A noter qu'il s'agit d'un extrait de Roméo and Juliet opus 64 composé par Serguei Prokoviev et que le morceau est réalisé avec DAAU.

Puis vient enfin ce dernier morceau, reposant, terminant avec précision cet album.

Ez3kiel nous propose donc un album varié, très varié et encore une fois maîtrisé. Même si le groupe s'éloigne quelque peu de ses bases, il prouve que c'est l'un des plus grands groupes de la scène francaise. Cet album a vraiment de quoi faire un carton tout au long de sa tournée. Bref, je reconfirmerais ca une fois le 14 février passé !

A noter tout de meme, les visuels sont encore remarquablement agréables et bien constitués !
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Lau

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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Lun 21 Jan - 23:14

Citation :
Cet album du groupe tourrain
?! Laughing
Citation :
Je préviens tout de suite, pour ceux qui n'ont toujours pas l'album, je risque de faire quelques spoilers !
Enfin ça va hein, il est sorti aujourd'hui Wink
Donc. Moi j'suis amoureuse du genre.
Merci pour ta critique bien détaillée tout ça tout ça.
J'ai un peu de mal à me faire un avis sur cet album, mais je regrette pas de l'avoir acheté, c'est plutôt bon signe. Je vais pas répéter tout ce que tu as déjà dit mais je me suis fait la même remarque sur Kusturica. Le morceau The Montagues and the Capulets est juste sublime, tout ce que j'aime d'instru. Adamantium est une excellente intro et Spit on the Ashes restera un de mes morceaux préférés à la première écoute. Sur Firedamp, j'ai également cru que le cd avait un problème ^^ c'est plutôt surprenant et très efficace.
Bon bref. Une putain de diversité, c'est vraiment ce que je retiens de ce groupe, gros gros coup de coeur Smile
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Mar 22 Jan - 16:24

Merde je voulais mettre tout terrain Laughing Bah faut que je mette Tourangeaux je crois mais ca fait moche ! Et puis tongue tu es désagréable ce soir très chere !

Rooo et puis j'essayais juste d'attirer votre curiosité sur cet album Razz Style, c'est une piece maitresse de la musique internationale !

Après l'avoir ré-écouté et l'avoir fait écouté a des potes, on en arrivait a une putin de diversité quand meme pas désagréable ! Sauf que j'ajouterais Alignement a ta liste de morceau a retenir !

Mais bon, je me demande si sur leur tournée, ils seront avec DAAU qui joue sur The Montagues and the Capulets ou encore avec Narrow Terence ou Blurum 13. Ca me fait peur ce sont les morceaux que je préfère ... Bref j'aurais bientot ma réponse.

Et puis je crois que je me suis planté de rubrique, je déplace Smile
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Jeu 24 Jan - 14:10

Citation :
Complication,
Constipation!


oO

Sinon j'aime bien, c'est marrant (quelle idée de se couper les cheveux comme ça quand même x_x)

pour les posts constructifs et intéressants on repassera
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Sam 26 Jan - 13:48

Je suis pas désagréable, moi au moins je réponds à ta chronique hein alors viens pas t'plaindre Razz et puis même j'aurais des raisons de l'être vu ta soirée de Saint Valentin Evil or Very Mad J'exige d'ailleurs une chronique de concert.
Sinon l'album passe en boucle chez moi et donc je rajoute également firedamp à la liste de mes morceaux préférés!
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Sam 26 Jan - 13:54

Raaaaa Firedamp, j'ai du mal voire meme beaucoup de mal ! Je n'arrive pas a comprendre ce qu'il fait dans cet album et puis je suis loin d'etre fan de ce genre musical aussi !

Et puis je ferais une chronique de mon concert aussi Smile Et puis bon, ca serait bien quand meme si je me trouvais une copine pour passer la soirée, ca serait trop love xD
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MessageSujet: New Skin For The Old Ceremony - Leonard Cohen   Mer 30 Jan - 21:21

New Skin For Old Ceremony - Leonard Cohen




Un long trench-coat aussi noir que ses cheveux hirsutes et bouclés. Une impression de calme qui émane de l'être. Un sourire paisible posé sur les lèvres.
Un beatnik ermite, un vagabond errant dans les rues, les mains dans les poches, la tête légèrement baissée, dans le New York enneigé de Salinger. Une voix profonde et grave. Un poète céleste.

1974, la quarantaine à peine abordée, la maturité, l'expérience. L'homme a vu, il a vécu. Amour, désespoir, révolte, guerre, racisme, engagement en vain, passions et déceptions. Il écrit, toujours. Des poèmes, sur lesquels ils posent sa musique si caractéristique. A la fois triste et sautillante, alternant valses et jazz, arpèges acoustiques et basses dansantes. Des cuivres s'immiscent et ornent, accompagnés de cordes, la mélancolie amoureuse et le pacifisme déçu.

Sa première addiction, ce fut Janis. L'icône, et lui, le jeune paumé. Il découlera de cette intense et trop courte passion la chanson la plus triste du monde, Chelsea Hotel #2. Contant l'amour parfait vécu entre la belle et la bête, ou la bête et le beau. On peut le voir, en concert, raconter l'épisode avec humour, le public rire et sur sa joue couler une lente larme. Il entame alors sa chanson, sérieusement. Il ne sombre pas dans l'effusion de sentiments. Avec délicatesse et classe, il déclame : "I don't need to suggest that I loved you the best". Bien que la tristesse soit ancrée en lui, au plus profond, et que cela se ressente, il existe une haine, il hait et aime, en même temps.
La beauté est féminine, chez Cohen. L'écoute devient contemplation. L'auditeur se fond irremediablement dans la musique, suit, simplement, le poète ; prophète, intermédiaire entre les hommes et la beauté du ciel.
Mais la tristesse est humble, chez Cohen. C'est une larme qui coule sur un sourire. Pas de regrets, jamais. Il chante les louanges de l'âme. Il énonce fièrement ses tribulations, les pérégrinations de son âme perdue. A la recherche du "soi".
Il écume et décrit la lassitude. Il touche sa cible directement. Mais ce n'est pas le but. Ce n'est que des textes, sans prétentions, un exutoire. Un moyen pour Leonard Cohen de fuir la solitude, le mal qui le ronge. Le mal de ces décennies. Car il n'est rien de plus qu'un mec commun. Un gamin de la beat-generation. Sauf qu'il use de sa plume, non comme une épée, mais comme un refuge. Et c'est en cela qu'il touche. Il transperce les carapaces, de sa voix, aidée par quelques coeurs gospel et mystique.

Leonard Cohen appartient à une autre dimension. Il plane et erre au-dessus de l'homme, le raconte et le décrit, sous tous les angles, avec simplicité et humilité, sans prétentions.
C'est une nouvelle peau pour une vieille cérémonie. Il transcende la messe, la redit, tel un messie, apportant la nouvelle, la vérité, triste, cette vérité. Mais d'une tristesse mêlée à un rire, une joyeuse tristesse profonde.

Who by Fire ?
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Ven 15 Fév - 12:44

Après la chronique, la review du concert :

Première partie : Jamika, ex-membre de Zenzile. Eh bien elle a un petit son bien sympathique, qui bouge. Mélange de hip-hop, electro, dub avec une pointe de funk. Bref ca rend bien, c'est envoutant et ca chauffe bien une salle Smile

Ensuite Ez3kiel, première fois que je les voyais et je suis mitigé Embarassed Bon concert tout de même.Toute la partie de Napthaline et les morceaux calmes de Battlefield rendent vraiment bien. Même firedamp qui bouge plus est bien passé, moment libérateur du concert. Le soucis a été sur les morceaux avec du chant : Versus et Spit on the ashes, n'ont strictement rien rendu, ca manquait grandement d'un vrai chant.
Sinon niveau du groupe, j'ai eu l'impression de voir jouer des potes, pas de prise de tête : "Attendez 2 minutes, je rebranche un truc". Ca manquait peut être un peu de communication avec le public. Enfin bon apparement il préfère communiquer musicalement parlant plutot qu'avec des paroles ... C'est pas pour ca que ca leur réussit moins bien !
Et pour finir, niveau animation : vraiment très bien ! La diffusion des animations vidéos est vraiment excellente et très bien réalisée. Et puis a un moment on a eu le droit de jouer avec un ballon qui faisait de la musique quand on tapait dedans. Enfin bon sympa.

Bonne soirée dans une petite salle sympathique. Le groupe que j'attendais ne m'a que très peu décu Smile
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Ven 15 Fév - 17:01

Yavait beaucoup de chansons de Battlefield ?
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MessageSujet: Re: Topic Chroniques   Ven 15 Fév - 19:05

Hummmm, j'aurais tendance a dire oui, mais tout est tellement brassé que j'ai pas eu l'impression beaucoup de battlefield. Je simplement réussi a reconnaitre Break or die, the wedding, spit on the ashes, Volfoni's revenge et firedamp.
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