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 [Epicure] Lettre à Ménécée

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Yann=D
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Date d'inscription : 03/07/2007

MessageSujet: [Epicure] Lettre à Ménécée   Jeu 7 Fév - 19:21

Epicure, Lettre à Ménécée

Epicure, ténor historique du mouvement épicurisme, aurait écrit plus de trois centaines de textes dont nous ont été transmis au fil des siècles qu'une infime partie. Lettre à Ménécée fait partie des miraculés. Elle aurait été écrite aux alentours des années trois cent avant Jésus Christ. La version que j'étudie aujourd'hui, en Février 2008, est l'édition de Hatier Poche parue en 2007.
L'ouvrage est donc une lettre, destinée à Ménécée, nom évidement bien connu dans les mythes grecs, mais qui se trouve ici être sûrement quelqu'un qui fût réel. À rechercher lors d'une lecture future qui était Ménécée. Epicure nous expose ici sa philosophie du bonheur, par quel moyen parvenir à l'ataraxie, de façon accessible par tous, fluide et courte.
J'ai lu l'ouvrage la nuit, à mon bureau, avec mon ordinateur à côté, sous la musique des Quatre Saisons de Vivaldi interprétée par Rondo Veneziano, afin de tester ma technique de note de lecture pour le cours de Méthodologie. J'ai réalisé cette fiche directement après, sous musique de Robert Schumann.
J'y distingue deux grandes parties. La première, allant jusqu'au neuvième paragraphe, correspondrait à une description et une démonstration purement théorique de l'approche philosophique épicurienne du bonheur. Le dixième paragraphe serait la transition vers la seconde partie du texte qui s'attacherait plutôt à des conseils d'application au monde réel des conclusions de la démonstration de la première partie. Il est évident que le texte n'est pas
rigide et que des éléments de la première partie sont dans la seconde et inversement.

L'édition que j'étudie propose un plan plus détaillé fort complet et plutôt en adéquation avec ma lecture. Le voici :
_ Les deux premiers paragraphes traiteraient de la philosophie
_ Les trois suivants des dieux
_ Les quatre suivantsde la mort
_ Le dixième des différents désirs
_ Le onzième du plaisir
_ Les trois suivants à l'autosuffisance et à la modération
_ La fin du texte au destin et au hasard.
Je m'attacherais désormais à présenter chacun de ces sept points de manière plus précise.
Epicure base toute son oeuvre sur un prédicat très important : la recherche de toute notre vie est le bonheur. Nous ne vivons que pour ça et lorsque nous l'avons, nous ne désirons rien d'autre. Il sera à chercher ici si il n'y a pas d'autres but à l'homme, bien qu'à première vue, cela me semble impossible de chercher autre chose que le bonheur. Il associe à l'acte même de philosopher le bonheur, le bien être. Il enlève ainsi tout âge à l'acte et en un ( le ? ) moyen de parvenir au bonheur.
A la manière de Cicéron qui nous disait « [qu']Il y a des Dieux car la nature en a imprimé la notion dans toutes les âmes », Epicure admet ensuite l'évidence de l'existence des Dieux. Il aspire tout de même à l'idée qu'ils ne sont en rien semblables à ce que les « multitudes » en pensent. Les Dieux n'influent pas sur le destin des hommes, ni dans leur malheur, ni dans leur bonheur, comme le voudrait faire croire les mythes. En dire autre chose, c'est renié la politique, le choix, pour un fatalisme profond. C'est faire preuve, en faisant un anachronisme, de mauvaise foi sartrienne. Les Dieux n'influent pas sur notre destin et donc ne sont point à craindre.
Dans la suite, Epicure définit le bien et le mal en tant que sensation et la mort comme absence de sensation. Il en suit alors que la mort est un état dans lequel nous ne sommes ni bien, ni mal, et donc qu'il ne faut ni la craindre, ni l'attendre. Dans le rapport de l'être vivant raisonnable et la mort, Epicure rejoint Sénèque dans la célèbre citation « on songe plus à vivre longtemps qu'à vivre bien, pourtant, chacun est maître de bien vivre, nul de vivre longtemps. » Il faut ainsi se concentrer sur les biens d'ici bas et ne pas craindre un hypothétique mal de la mort.

Epicure distingue ensuite trois types de désirs. Les premiers sont les désirs non naturels. Les seconds sont les désirs naturels non nécessaires et les troisièmes les désirs naturels nécessaires. Seuls ces derniers apportent le bonheur. Il m'est obscur de savoir pourquoi seuls eux apportent le bonheur. Ne
peut-on pas imaginé un désir non nécessaires apporter le bonheur ? Et si ce n'est pas le cas, ne peut-on pas imaginer un désir non naturel nécessaire ?

La suite nous apporte une distinction importante dans la recherche du bonheur. Pour Epicure, le plaisir ne doit être un but et le mal peut être utile. En effet, le plaisir peut provoquer un mal plus grand que le bien qu'il apporte et le mal peut amener à aimer plus que l'on a jamais aimer un plaisir dont nous avions précédemment été privé et qui a causé ce mal. Cette distinction est importante car elle aura des répercutions dans la vie quotidienne de l'épicurien. Afin d'apprécier quelque met savoureux, il lui faudra jeûner, par exemple.
Pour répondre aux questions vers lesquelles nous portent le dixième paragraphe, Epicure montre que les plaisirs simples sont souvent les meilleurs, car ils habituent notre corps à la simplicité pour lui faire avoir un plaisir plus grand lors de l'apport d'un plaisir plus grand. Il définit aussi le plaisir comme « l'absence de douleur dans le corps et de trouble dans l'âme », importante définition puisqu'elle entraîne le fait que pour répondre à la soif, l'eau est suffisante pour être un plaisir, là où le vin apporterait un mal non nécessaire à la réponse attendue par la demande corporelle de la soif. Il faut ainsi se modérer, faire usage de « prudence ».
En ce que mes actes possibles dans une situation sont ceux de notre choix, ils font de moi ce que je suis. En cela, Epicure comparera, plein d'ironie, les compréhension physiques du monde avec les récits mythiques dans leur fatalité en ajoutant un point aux derniers : l'espoir de changement par la foi. Il n'écarte toute fois pas la raison, car elle doit guider nos actes, mais ne fait
absolument pas partie du hasard, qui est une chose chaotique.

A lire en parallèle de la Lettre à Ménécée, le Manuel d'Epictète, qui est de l'autre côté de la recherche de l'ataraxie, celui des Stoïciens.
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